Afghanistan: les États-Unis bombardent un véhicule lié au groupe EI à Kaboul

Afghanistan: les États-Unis bombardent un véhicule lié au groupe EI à Kaboul

Les États-Unis ont mené ce dimanche une nouvelle frappe en Afghanistan contre le groupe État islamique au Khorasan (EI-K). Un drone américain a bombardé un véhicule, qualifié de menace « imminente » contre l’aéroport de Kaboul.

« Les forces américaines ont mené aujourd'hui une frappe aérienne défensive » de drone, lancée depuis l'extérieur de l'Afghanistan, « contre un véhicule à Kaboul, éliminant une menace imminente de l'EI-K contre l'aéroport international » Hamid Karzai, a précisé Bill Urban, un porte-parole du commandement central américain.

Un porte-parole des talibans a confirmé la frappe américaine, affirmant qu'un véhicule piégé avait été détruit alors qu'il se dirigeait vers l'aéroport et qu'une probable deuxième frappe avait atteint une maison située à proximité.

« Nous sommes certains d’avoir atteint notre cible » affirme le Pentagone. Des sources militaires font état de la présence de plusieurs terroristes équipés de gilets explosifs à l’intérieur de ce véhicule. L'information n’a pas été officiellement confirmée par le ministère américain de la Défense, indique notre correspondant à New York, Alexis Guilleux. Mais le Pentagone fait part d'explosions secondaires après la frappe, preuve de la présence d’une quantité importante de matériel explosif.

Biden avait averti d'une attaque « très probable »

Très tôt ce dimanche matin, l’ambassade américaine à Kaboul avait alerté sur une menace précise et crédible et demandé à ses ressortissants de quitter immédiatement la zone de l’aéroport. La veille, Joe Biden avait averti qu'une nouvelle attaque islamiste était « hautement probable » contre l’aéroport dans les 24 à 36 h après l'attentat de jeudi aux abords de l'aéroport de Kaboul, revendiqué par l'EI-K et qui a fait plus d'une centaine de morts dont 13 militaires américains. L'ambassade américaine à Kaboul avait exhorté tous les Américains à quitter les abords de l'aéroport « en raison d'une menace précise et crédible ».

En tout cas, les États-Unis tiennent leur promesse. C’est la deuxième frappe de drone menée par Washington depuis l’attentat de jeudi. Deux membres « de haut niveau » du groupe EI-K ont été tuées et un troisième blessé lors de la première frappe. Et Joe Biden a prévenu : son pays continuera à traquer toute personne impliquée dans l’attentat.

Biden rencontre les familles des militaires tués

Trois jours après la double attaque de Kaboul revendiquée par l'organisation État Islamique, Joe Biden a reçu dimanche solennellement sur une base militaire de Dover dans le Delaware (nord-est) les dépouilles des 13 militaires américains tués. Cette base militaire de la côte est des États-Unis, à deux heures environ de Washington, est synonyme depuis des décennies dans les esprits américains du retour déchirant des militaires tombés au combat, leurs dépouilles recouvertes du drapeau américain.

Le Pentagone avait publié samedi après-midi l'identité des 13 militaires tués dans l'attentat de jeudi. Cinq d'entre eux avaient 20 ans, soit la durée de la plus longue guerre des États-Unis, lancée en 2001 en Afghanistan. Figure aussi parmi les victimes une jeune femme de 23 ans qui avait été photographiée une semaine plus tôt un bébé dans les bras lors des opérations chaotiques d'évacuation à l'aéroport de Kaboul.

Une cérémonie difficile au moment où le président américain est sous le feu des critiques pour sa gestion de la crise afghane. Le président américain s'est engagé malgré tout à respecter l'échéance du pont aérien. Les évacuations d'étrangers et d'Afghans fuyant le nouveau régime des talibans sont entrées dimanche dans leur phase ultime à l'aéroport de Kaboul avant le retrait américain. Il reste 300 Américains au plus à évacuer d'Afghanistan, a déclaré dimanche le secrétaire d'État Antony Blinken.

RFI

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