RDC: Les attaques par un groupe armé des ADF peuvent constituer des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre

Les FARDC et la MONUSCO ont repoussé une attaque des ADF le 12 février 2020 à Mbau (Beni, Nord-Kivu). Photo MONUSCO / Michael ALI

Le groupe armé connu sous le nom de Forces démocratiques alliées (ADF) a intensifié ses attaques contre les civils dans les provinces orientales de la République démocratique du Congo (RDC) au cours des 18 derniers mois, étendant ses actions au-delà des zones dans lequel il opérait auparavant. Ces attaques, qui ont fait plus de 1 000 morts et des dizaines de blessés, pourraient constituer des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, selon une enquête de l'ONU.

Les ADF sont militairement actives sur le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, depuis plus de trois décennies. Mais à la suite de campagnes militaires contre le groupe armé, en particulier depuis octobre 2019, les combattants des ADF se sont dispersés en petits groupes et certains de ces groupes ont fui vers d'autres régions, en particulier vers le territoire d'Irumu dans la province voisine de l'Ituri, où le nombre et l'intensité des attaques ont augmenté. significativement.

L'impact de ces changements sur les civils est décrit en détail dans un rapport du Bureau conjoint des droits de l'homme des Nations Unies en RDC (BCNUDH) *, qui montre comment les violations des droits de l'homme commises par les combattants des ADF ont été systématiques et brutales. Les assaillants ont utilisé des armes lourdes lors d'attaques contre des villages, notamment des AK47 et des mortiers, ainsi que des machettes et des couteaux. Ils ont souvent incendié des villages entiers, détruit des centres de santé et des écoles, et enlevé et recruté des hommes, des femmes et des enfants.

«Dans la majorité des cas, les moyens et le mode opératoire des attaques indiquent une intention claire de ne laisser aucun survivant. Des familles entières ont été piratées à mort », indique le rapport.

Le rapport souligne que, compte tenu de la nature généralisée et systématique des attaques dirigées contre la population civile, certaines de ces violations des droits de l'homme peuvent constituer des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre.

Selon les enquêtes du BCNUDH, du 1er janvier 2019 au 30 juin 2020, 1066 civils ont été tués, 176 blessés et 717 autres enlevés par des combattants des ADF dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri. Au cours de la même période, 59 enfants ont été recrutés; et une école, sept centres de santé et des dizaines de maisons civiles ont été attaqués et pillés. La violence a déclenché un déplacement massif entre septembre 2019 et juin 2020.

Les forces de défense de l'État ont également commis de graves violations des droits de l'homme, en particulier depuis le lancement de leurs opérations militaires contre les ADF le 30 octobre 2019.

Depuis 2019, quelque 400 combattants des ADF attendent leur procès.
Selon le BCNUDH, au cours des huit derniers mois, des soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des agents de la Police nationale congolaise (PNC), y compris des membres des forces spéciales de la Légion nationale d'intervention (LNI), ont a été responsable de la mort de 14 civils et de 49 autres blessés, ainsi que de l'arrestation et de la détention arbitraires de 297 civils.

Ces violations ont renforcé la méfiance de la population envers les forces de sécurité et de défense, alimentée par les atrocités persistantes commises par les groupes armés.

Depuis 2019, quelque 400 combattants des ADF attendent leur procès.

« Nous demandons aux autorités de l'État de redoubler d'efforts pour achever les affaires judiciaires pendantes concernant toutes les allégations de violations et de violations des droits de l'homme; traduire tous les auteurs présumés en justice; et pour garantir le droit à la vérité, à la justice et aux réparations pour les victimes et leurs familles », a déclaré Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies et chef de la Mission de stabilisation en RDC.

«Les autorités devraient établir des programmes d'engagement communautaire afin d'améliorer les relations entre les FARDC et la PNC et les civils qu'ils sont déployés pour protéger », a-t-elle ajouté.

Le rapport appelle également à la mise en place de programmes crédibles et fiables de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (DDRR) pour encourager les combattants à déposer les armes et à retourner à la vie civile, et à ce que les membres des groupes armés étrangers retournent dans leur pays d'origine. Ces efforts devraient s'accompagner d'un processus complet de justice transitionnelle, pour empêcher la résurgence de la violence et instaurer une paix durable dans la région.

Monusco.unmissions.org

 

 

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