RDC : Avant d’atteindre la hauteur, il faut bannir " La pauvreté de nos ambitions", exhorte Jean-Claude Katende

Me Jean-Claude Katende, Président de l'ASADHO

Il se met cette fois-ci dans la peau d'un moralisateur et d'un motivateur. Me. Jean-Claude Katende, celui-là qui se dit «Gardien du temple » et Président de l'ASADHO, revient sur sa énième tribune dans les colonnes de Réveilcongo.net avec des leçons morales qu'il considère comme des principes inaliénables devant conduire toute nation à l’émergence et, par ricochet, tout citoyen congolais au bien-être.

Lui qui rêve d'une république sans corruption et celle qui offre à ses citoyens les conditions d'une vie équilibré tient mordicus à ceci : «La pauvreté de nos ambitions fait que nous sommes capables de trahir notre peuple, nos partis politiques, nos organisations, pourvu que cela nous procure le pouvoir, l’argent, les maisons, les véhicules et autres avantages ». Il rappelle également qu’«Un acteur public, qu’il agisse dans le domaine politique, de l’église ou de la société civile, il doit être une femme ou un homme qui a accepté de consacrer sa vie à l’amélioration des conditions de vie des membres de sa communauté. Il doit être capable de supporter la souffrance pour que quelque chose de merveilleux se produise pour son peuple».
Suivez-le en entièreté dans les lignes qui suivent :
«La pauvreté de nos ambitions »
Cette page d’opinions libres s’adresse à moi et à tous les acteurs publics(les acteurs politiques, les acteurs de la société civile, les acteurs religieux…).Je l’écris avec espoir que chacun de nous y trouvera un miroir où il pourra s’y voir lui-même et pas quelqu’un d’autre.
Un acteur public qu’il agisse dans le domaine politique, de l’église ou de la société civile, il doit être une femme ou un homme qui a accepté de consacrer sa vie à l’amélioration des conditions de vie des membres de sa communauté. Sa préoccupation doit être celle de contribuer à la diminution des souffrances de sa communauté, pas le contraire. Il doit être capable de supporter la souffrance pour que quelque chose de merveilleux se produise pour son peuple.
La République Démocratique du Congo a eu la chance d’avoir ces acteurs publics totalement dévoués à la cause du peuple congolais. Nous avons la fierté d’avoir eu des leaders capables de privilégier le principal au lieu de l’accessoire, capables de privilégier les valeurs éthiques au lieu de possessions matérielles ou financières. Ils ont refusé de courir derrière des signes extérieurs des richesses. Messieurs Patrice-Emery LUMUMBA, KASA-VUBU, Cardinal MALULU, Etienne TSHISEKEDI resteront des modèles d’acteurs qui ont renoncé à tout pour mettre la défense de la cause du peuple avant tout avantage matériel ou financier personnel. Grâce à leur combat nous avons obtenu l’indépendance, la dignité et la liberté. Leurs ambitions étaient très riches en ce qu’elles n’étaient pas centrées sur la satisfaction de leurs besoins personnels mais sur celle du peuple congolais.
Aujourd’hui, notre pays est à la croisée des chemins à cause de la pauvreté de nos ambitions. Les ambitions de beaucoup de nos leaders politiques, sociaux et religieux sont orientées plus vers l’enrichissement personnel et familial. On veut le pouvoir politique, social ou religieux pour se bâtir une forte personnelle (acheter ou construire des maisons, acheter des véhicules, avoir beaucoup d’argent en banque…). Les ambitions de ce type sont très pauvres pour tout celui qui a le pouvoir politique, religieux ou social lui confié par les membres de sa communauté. La conquête du pouvoir doit avoir pour but ultime de servir ses semblables et non de se servir. Président MANDELA disait que « C’est immoral d’utiliser le pouvoir public pour servir ses propres intérêts... »
La pauvreté de nos ambitions fait que nous sommes capables de trahir notre peuple, nos partis politiques, nos organisations, pourvu que cela nous procure le pouvoir, l’argent, les maisons, les véhicules et autres avantages. Avec de leaders qui ont des ambitions si pauvres, le pays sera toujours trahi et le peuple sera toujours déçu de la prestation de ses leaders.
Comment nos leaders politiques d’hier et ceux d’aujourd’hui peuvent-ils justifier la fortune qu’ils ont ou que les membres de leurs familles respectives ont ? C’est une honte de s’enrichir sur le dos d’un peuple qui vit dans la misère au quotidien. Quel respect pouvons-nous avoir pour des leaders voleurs ?
Le Congo a beaucoup tourné en rond à cause des hommes et femmes dont l’ambition se résume à s’enrichir personnellement même si cela aggrave la misère du peuple.
Il est temps que chaque leader congolais se remette en cause. Il est temps que le peuple congolais se mette en tête qu’il lui faut des leaders dignes de ce nom.
Tant que nos dirigeants politiques seront des leaders aux ambitions pauvres, il sera difficile que notre pays puisse relever les défis qui l’entourent de tous les côtés.
On a besoin de nouveaux LUBUMBA et KASA VUBU. Des hommes qui ont exercé de hautes fonctions dans notre pays, mais qui n’étaient pas préoccupés par des conquêtes matérielles ou financières. Pour eux, le Congo comptait plus que leur devenir personnel.
Voilà les leaders dont le pays a besoin.
J’ai toujours l’espoir que les leaders de cette nature arriveront au pouvoir un jour.
Je rêve de voir mon pays dirigé par des hommes et des femmes d’une haute intégrité et préoccupés par le bien être des congolais.
Mon rêve se réalisera certainement.

Me Jean Claude KATENDE

 

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