Éditorial : malade pendant la grève des infirmiers. C'était horrible !

Éditorial : quand un seul infirmier grève, je pisse mes amis !

Deux points forment l'ossature de ces lignes : alité pendant la grève des infirmiers et les responsabilités sont partagées.

Alité pendant la grève des infirmiers

Vendredi 14 juillet 2017, je regagnais la rédaction du Journal La Prospérité quand, brusquement, à l'arrondissement du palais des marbres, dans la commune de Ngaliema, nous fûmes tamponnés brutalement par une jeep 4×4 qui roulait dans l'autre sens à vives allures.

Je me retrouvais au sol. [La presse congolaise venait de perdre fraîchement Ephésien, un journaliste qui travaillait pour B-one des suites d'un accident de circulation sur le même tronçon. Paix à son âme].

Je craignais que ce soit, cette fois-là, mon tour... Sitôt tombé par terre, ma jambe gauche fut déclassée, et le coût va toucher la partie supérieure de mon tronc. Un saignement lent mais sûr commença sans nous en rendre compte.

Le bourreau s’arrêta puis, grâce au concours de quelques gentilshommes, on me transporta à bord de la même jeep. En ce moment -là, le chauffeur moto avait reçu un coup à la tête. Il s’enfuira, quelques heures après, de l’hôpital général de référence de Kintambo où je fus alité.

Les pires moments de mon histoire commencèrent !
Au mois d’août, les mouvements de grève des infirmiers avaient commencé, réclamant le barème salarial. Des nuits entières, je souffrais comme jamais vécu. Ma douleur qui ne se calmait qu’avec le Tramadol va augmenter au moment où les infirmiers de garde se faisaient de plus en plus rares. Le seul qui sillonnait l’hôpital était recherché de tous. Mes garde-malades devraient se mettre à sa recherche avec une somme modique en mains…

Responsabilités partagées

Aujourd’hui, apprendre que les infirmiers menacent d'aller en grève pour protester contre le viol de trois infirmières dans la commune de Kisenso, au Centre de santé Révolution, est une chose à craindre, partant de notre vécu personnel. Pour vite barrer la route à cette pratique de viol, chacun est placé devant ses responsabilités. 4 volets s'avèrent nécessaires.

Le premier volet : la responsabilité des parents et de l’entourage.

Tout parent qui élève bien son enfant apporte, par ce geste, une pierre angulaire à l’édifice de tout un pays, en l'occurrence, la République démocratique du Congo.

Les jeunes gens communément appelés « Kuluna» qui sèment la pagaille dans la société congolaise proviennent, dans la plupart des cas, des familles congolaises très déséquilibrées, voire très pauvres. Pour survivre, ils recourent à la criminalité. Ces derniers devront être bien encadrés au sein de leur famille, faute de quoi, les ONGDs et autres structures d'accompagnement doivent prendre le relais.

Le deuxième volet : les médias, les églises et les écoles

Les églises sont invitées à renforcer l'apostolat auprès des jeunes. Les écoles aussi jouent un rôle à ne pas négliger. L’enseignant doit aspirer confiance, il doit être un modèle pour l’élève. Et, chaque école privée devrait songer à prendre en charge un nombre d’élèves dont les familles ne sont pas à mesure de faire scolariser. Cela émane, à mon avis, de la responsabilité sociale des écoles et du gouvernement.

Les médias, dans leur rôle de formation, devront concevoir des émissions axées sur la Communication du Changement des Mentalités.

Troisième volet : les centres de santé eux-mêmes

Chaque entité tout comme le centre de santé la « Révolution » doivent veiller sur la sécurité des individus, des malades, en prenant des précautions nécessaires. Selon les informations recueillies par le magazine reveilcongo.net, les menaces dont est victime ledit centre datent de longtemps.

« Ce sont des menaces qui datent. Ils n'ont pas pris des précautions pour sécuriser les prestataires », pointe du doigt, la Vice-présidente de l'Ordre national des infirmiers du Congo, Anny Lutete.

Le quatrième volet :le gouvernement

Le gouvernement a pour rôles, ici, de rencontrer les besoins des infirmiers (primes et salaires) et de renforcer la sécurité de leurs établissements. Pour le faire, il ne vaut pas la peine d’attendre mort d'hommes ou d'autres dégâts.

Enfin, qu’apportera cette grève tant projetée ? La question est posée !

Aubin Kandembi

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