RDC: l'annonce de la fin d'Ebola est attendue pour le lundi 13 avril

RDC: l'annonce de la fin d'Ebola est attendue pour le lundi 13 avril

Mise en garde du chef de bureau des Nations Unies pour la réponse d’urgence à l’épidémie d’ Ebola : La communauté internationale ne peut pas se permettre d’abandonner les Congolais.

Alors qu’après 20 mois de lutte, émaillée de violence, la République démocratique du Congo s’apprête à annoncer la fin de l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière du pays, le chef de bureau des Nations Unies pour la réponse d’urgence à l’épidémie d’Ebola (UNEERO) met la communauté internationale en garde.

« Nous n’avons certes plus de cas d’Ebola mais les conséquences de la maladie sur les communautés et les quelques 1 100 personnes qui ont survécu nécessitent un soutien continu de notre part », signale M. Abdou Dieng, chef d’UNEERO.

La mise en place de la période de surveillance de 90 jours ainsi qu’un suivi continu et régulier des survivants au virus Ebola est essentiel pour détecter des cas à temps et les contenir rapidement. La RDC ne peut pas se permettre de lutter contre deux épidémies à la fois. Les experts projettent déjà que le COVID-19 aura des conséquences terribles sur un pays dont les structures sanitaires sont déjà affaiblies par 20 mois de lutte contre Ebola et qui vit une des pires crises humanitaires du monde.

« L’épidémie d’Ebola a fortement affecté un système de santé déjà très faible, les communautés déjà pauvres, ont perdu de leurs revenus, les ressources en eau ont été affectées. Nous avons donc développé des projets avec ces communautés pour les aider à se reconstruire et nous ne pouvons pas les abandonner maintenant par manque de financements », affirme M. Dieng.

Un des obstacles principaux pendant la riposte à Ebola aura été la sécurité avec plus de 300 attaques sur les structures de santé et 11 morts parmi les personnels de santé et les patients. L’Est du pays frappé par l’épidémie est connu pour son instabilité avec 125 groupes armés évoluant dans la zone. Mais au-delà de la violence armée, c’est la méfiance et le rejet des communautés à laquelle la riposte Ebola a dû faire face et s’adapter.

« Nous avons commis l’erreur de ne pas écouter, de ne pas inclure les communautés à temps dans le dialogue et la planification de la riposte. Il est essentiel de donner aux populations l’opportunité de s’approprier la riposte, sans quoi, nous risquons d’être contre-productifs », assure M.Dieng

Des expériences et des leçons qui doivent être prises en considération au plus tôt dans la conception et la mise en place de la riposte à la nouvelle menace à laquelle est confrontée la RDC aujourd’hui avec le coronavirus.

« Nous devons respecter nos engagements à soutenir la communauté. Ce n’est pas le moment d’abandonner les Congolais. Nous avons la chance d’avoir retenu des bonnes pratiques comme le lavage des mains ou la prise de température mais la RDC va faire face à une catastrophe sanitaire et humanitaire et nous ne pourrons pas simplement espérer le meilleur », insiste M. Dieng.

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