La victoire d'une violence passée, ou présente, est la promesse et le gage de la victoire d'une violence future.

Marc Riboud, le photographe de la Fille à la fleur | L'Humanité

Le stratège Prussien Carl von Clausewitz est l’auteur du légendaire traité au demeurant inachevé "De la guerre", publié par sa veuve à titre posthume. On a retenu de ce livre dense et fort complexe qui porte sur les guerres européennes et les sanglantes campagnes de Napoléon un axiome. Selon lequel "la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens" et on tient cela pour vrai. Mais si cela est vrai quelle fin poursuit donc la politique pour avoir besoin de la guerre? C’est proprement hallucinant et il faut une incroyable dose d’optimisme, guerrier, et un refus de voir ce qu’est la guerre pour la penser de cette façon.

A la lumière de l'expérience même de la guerre, il est clair qu'une fois instaurée, elle est difficilement contrôlable et maîtrisable. Les mécanismes de sa violence sont si implacables que la politique n’arrive que rarement à mettre fin à leur accroissement. La politique finit par courir après la guerre et du moyen, la guerre devient une fin sans fin. Avec tout ce qu'elle comporte de destructions, de massacres, des populations civiles, d'arrestations, d'enlèvements, et de condamnations tous azimuts. Qui en appellent à une violence, aussi redoublée, apparemment inépuisable dans le principe de réciprocité. C'est cette réciprocité qui est bel et bien en train de se préparer en Côte d’Ivoire. Car la victoire d'une violence passée, ou présente, est la promesse et le gage de la victoire d'une violence future. A bon entendeur...

Prof Paul Zahiri

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