On oublie souvent que comprendre vraiment, c'est comprendre, qu'on peut ne pas comprendre, sans se dispenser de l'effort à faire pour comprendre.

On oublie souvent que comprendre vraiment, c'est comprendre, qu'on peut ne pas comprendre, sans se dispenser de l'effort à faire pour comprendre.

Une extase temporelle pour le Professeur Grégoire Biyogo avec mes salutations académiques, profondément respectueuses, et mes amitiés.

En mémoire aussi de Jacques Derrida, l'un des philosophes français les plus importants du 20° siècle, dont nous avons l'influence en partage. Grégoire Biyogo, cet enseignant-chercheur éminent, mondialement reconnu, a eu pour moi, il y a trois ans, une considération qu'il avait publiée sur mon mur et qui m'avait touché au plus haut point. Je n'y avais pas répondu par la même voie. J'avais plutôt choisi de lui rendre visite à Paris, pour l'en remercier de vive voix, ce qui fut fait au cours de l'hiver 2011. Je le cite: " Paul Zahiri, un esprit universaliste, libre comme on en trouve de moins en moins chez nos philosophes africains. Une approche à bien des endroits remarquable, rythmée par le vouloir-penser, par l'effort pour aller au-delà des manichéismes et des positions partisanes, nourrie à la mamelle des sagesses bibliques. L'écriture de Paul Zahiri est frivole au sens derridien du terme, lucide, traversée de réflexions bercées par l'humour, portant paradoxalement le poids du tragique, sans renoncer à le penser, à en diagnostiquer les figures, souvent façonnées secrètement par l'arbitraire de la Force... Encore faut-il la nommer, cette force aveugle qui fait mouvoir l'Histoire: le Capital, l'infâme, l'éternel sorcier, ami et adversaire de la civilitas".

C'est pour moi un agréable devoir de reconnaissance, et de gratitude, que de lui rendre un hommage mérité, et appuyé, trois ans plus tard. Biyogo restera un grand, et vrai, maître d’Afrique, de l'école des bergers de l'Etre. Qui rétrocède vers le passé du continent, cet advenu non advenu, pour féconder le présent et gagner le futur comme la source véritable de l'histoire. On le croit engoncé dans un passé immémorial, un futur antérieur, dont il aurait une hypermnésie. Mais il n'en est rien car ce qu'il recherche ce sont les traces d'un matin, des plus matinaux, du continent noir pour en faire le re-commencement plus originairement destiné. Pour un peuple arbitrairement exclu de l'histoire universelle. Qui a souffert les martyrs depuis son esclavage, à sa domination, en passant par sa colonisation. Peu nombreux sont ceux qui, comme lui, œuvrent à préserver, dans une époque sourde à la pensée, un horizon ouvert à la pensée.

Certes on trouve, chez ce génie, des profondeurs parfois difficiles à comprendre. Mais on oublie souvent que comprendre vraiment, c'est comprendre, qu'on peut ne pas comprendre, sans se dispenser de l'effort à faire pour comprendre. Salut l'artiste de la pensée!

 

Paul Zahiri

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir